Pour rentrer du travail chaque soir, je rejoins à pieds la Gare Centrale - à partir
de mon boulot situé dans le quartier Art-Loi à BRUXELLES - via le parc. C'est
ainsi qu'un soir, alors qu'il était déjà assez tard, je fus bousculé par un drôle de
bonhomme.
A toutes jambes, il remontait l'escalier devant le Musée du Cinéma, omit de s'excuser et
disparut rapidement comme s'il fuyait quelqu'un ou quelque chose.
Tout dans le comportement de cet homme m'intrigua : la démarche nerveuse et le soucis
de faire vite sans se faire remarquer.
Plusieurs jours passèrent et, un soir à nouveau, je le revis mais cette fois, lui ne me
vit pas. J'étais dans le parc et il surgit des escaliers du musée et se dirigea vers le
Palais de Justice. Je le reconnus tout de suite et cette fois-ci, j'eus tout le temps pour
l'observer.
Même démarche pressée et même volonté de passer inaperçu et, à mon sens, il en
faisait un peu trop, du genre à tellement vouloir passer inaperçu qu'il se faisait
remarquer. C'était un homme de grande taille revêtu d'un grand « palto », le col
remonté, un chapeau « Borsalino » et un porte-document sous le bras. Je pensais : «
l'espion-type » pour rigoler.
Au fil des jours, je remarquais son manège et, toujours à son insu , je pris des photos
et quelques notes. Au début, cela me semblait être une hypothèse farfelue mais
maintenant la situation me paraissait évidente : tous les soirs, cet homme sortait du
Palais des Beaux Arts à l'heure où débutait une représentation théâtrale et y
revenait avant la fin du spectacle.
Il se rendait à diverses adresses qui, renseignements pris, se sont avérées être des
adresses de gens du spectacle. Sa farde souvent vide à l'aller était souvent remplie au
retour.
Jamais je ne pus voir son visage ou ses mains toujours cachées dans ses vêtements.
Fuyant toute rencontre, seule la peur l'accompagnait. Cette fois, j'en étais sûr : cet
homme était un espion. Mais au service de qui et pourquoi ? La guerre froide est pourtant
terminée ! Bien des questions restaient en suspend ... Curieux de nature, je décidai de
faire toute la lumière sur cette histoire. Curieux mais aussi furieux car je venais de
découvrir les agissements d'un agent étranger qui possèdait de multiples contacts avec
des traîtres dans le milieu artistique.
Tous pourris ! Que faire pour les démasquer ?